COMMISSION AVIATION MILITAIRE

 

Feuille de Route

 

Président : Antoine GUILLOT (THALES)

 

1.   Introduction

 

L’aviation militaire occupe une place particulière dans l’aéronautique, une place qui, jusqu’à présent, en faisait le moteur de l’innovation technologique pour tout ce qui volait. La technologie militaire se déclinait en éléments plus simples applicables au monde de l’aviation « civile ».

La boucle besoin militaire, études, développement, expérimentation et production s’accélère et l’intégration de matériel  « sur étagère» donc provenant de l’industrie civile tend à devenir la règle. Ce sont aujourd’hui les concepteurs de cartes graphique dédiées au jeux qui tirent la technologie vers l’avant.

 

L’aviation militaire se recentre vers ses fondamentaux, un système d’armes devant évoluer dans un environnement hostile.

La commission Aviation Militaire, nouvellement crée, traitera dans un premier temps de la problématique système d’arme dans un environnement hostile.

Dans un deuxième temps, elle traitera de la définition du périmètre pouvant relever de la technologie d’origine civile et des éléments devant rester exclusivement dans le domaine de la défense, briques « stratégiques » relevant de la souveraineté nationale.

Dans un troisième temps, elle étudiera l’interaction avec les drones aériens dans le cadre d’une opération aérienne.

 

2.   Besoins actuels et futurs pour les domaines concernés

 

Les 3 domaines proposés par la commission vont nécessiter des échanges avec 3 catégories d’experts :

Les experts opérationnels, les experts de l’industrie de défense et ceux de l’industrie purement civile.

 

A. Les systèmes de combat en environnement hostile :

La spécification des systèmes de systèmes est un travail délicat qui demande une analyse extensive des liens et des interactions entre les systèmes constitutifs.

Des outils existent mais celui qui semble aujourd’hui le plus performant lorsqu’il s’agit de système de combats est le Laboratoire Technico Opérationnel (LTO).

Il n’est pas rare aujourd’hui de voir proposer par l’industrie aux clients la participation d’opérateurs opérationnels à des groupes de travail qui permettront d’identifier et d’analyser leur comportement dans la boucle des opérations.

Les avions de combats étaient avant spécialisés, chasse, assaut, reconnaissance puis vinrent les premiers « Swing Role », comme le F16. l’avion de combat moderne est aujourd’hui « Multi Role » et l’équipage qui gérait avant des systèmes, doit aujourd’hui maitriser un système de système.

La commission propose donc de développer une approche similaire, type LTO dans la conception en amont des systèmes de combat des avions militaires.

Le but sera de définir, en fonction du cahier des charges, les liens entre ces systèmes et l’environnement permettant une gestion temps réel compatible avec les exigences du combat et avec un équipage réduit.

 

 

B. Interaction avec les drones aériens :

Ce projet est un volet qui peut-être traité de façon indépendante mais qui devrait, idéalement, faire parti du sujet précédent sur les systèmes de systèmes et leur étude dans un LTO.

Les drones aujourd’hui font l’objet de tous les fantasmes mais leur mission est encore généralement cantonnée à la reconnaissance. On conçoit également pouvoir l’utiliser comme un porteur d’armes géré en essaim par un avion de combat restant en deçà des zones les plus dangereuses. En extrapolant il devient concevable de ne pas mettre de senseurs sur l’avion de combat mais sur les drones, en imaginant que l’avion n’est plus doté que d’une chaine de réception. On doit alors poursuivre le raisonnement sur l’emplacement le plus pertinent des systèmes de Command & Control : sur l’avion, le drone ou au sol ?

La commission propose l’étude de la définition de la répartition des senseurs, des systèmes de Command & Control  et des armements dans le triptyque avion piloté – Drone – Système Sol.

 

C. Technologie civile et briques stratégiques :

La recherche et le développement de l’industrie militaire était, jusqu’il y a peu, un des  moteurs de l’innovation. Aujourd’hui, le « Commercial Off The Shelf » (COTS) est souvent un élément clé dans les systèmes militaires de pointe. On ne cherche plus à développer un processeur spécifique pour un système d’arme, mais comment modifier ceux existants.

Le volet défense de la notion de souveraineté nationale est souvent mis à mal lorsque la technologie nécessaire n’existe pas en France. Laser militaires, alliages spéciaux aéronautiques, systèmes de géo localisation, etc. la liste est longue pour les matériels déjà identifiés comme à usage militaire, mais qu’en est-il de ceux qui sont purement civils mais dont la rupture d’approvisionnement  mettrait à mal une composante militaire française ?

La commission propose la création d’un groupe d’analyse dont le mandat serai d’identifier les éléments stratégiques issus de la technologie civile nécessaires au maintien de l’indépendance de l’industrie militaire française.

 

 

 

 

 

 

3.   Technologie et disciplines clés

 

Le domaine d'intervention de la "commission Aviation Militaire" regroupe les plateformes et les technologies ci-dessous :

La commission étudiera le périmètre de l’action avec les drones en partenariat avec la commission qui en a la charge.

L’avion de transport tactique est à la limite du domaine avec l’aviation civile relavant d’une autre commission.

 

les technologies concernées

les plateformes

·   Senseurs (EM, IR, EO, LASER..)

·   Interface Homme Machine

·   Armements

·   Communications

·   Navigation

·   Transmissions de données

·   Contre mesures

·   Ravitaillement en vol

·   Simulation

·    

 

·   Avions d'armes

·   Avions de transport tactiques

·   Avions ravitailleurs

·   Drones aériens (en partenariat avec la commission ad hoc

·   Simulateurs

·   Systèmes de préparation et restitution de mission

·    

 

4.   Défis Technologique et enjeux

Les enjeux et les développements potentiels liés aux 3 sujets proposés couvrent tous les domaines des avions, des drones et des systèmes. Il est alors difficile d’en dresser une liste exhaustive.

 

    • le Laboratoire Technico Opérationnel : c’est la base de ce que les armées américaines ont appelé la « Transformation ». les grands industriels en possèdent un, la DGA également mais cherche surtout à en fédérer les moyens. Chaque nouvelle étude doit être financée car le montage d’un environnement nouveau est cher.
    • La simulation : élément constitutif du LTO, la simulation est nécessaire lorsqu’il n’est pas envisageable de connecter un système réel au LTO
    • Le pilotage de haut niveau : l’opérateur de drone n’est désormais plus chargé du pilotage au sens aéronautique mais uniquement géographique et dynamique.
    • L’absence de l’homme dans la boucle aérienne : à quelle niveau du système les automatismes ou la logique floue sont suffisant.
    • Intelligence artificielle : les situations dans lesquelles évoluent les avions de combat sont de plus en plus denses. L’intelligence artificielle devra être intégrée dans les drones mais aussi dans les avions pilotés.
    • miniaturisation : afin d’améliorer la performance et l’endurance d’un système aéroporté, il faut constamment miniaturiser.
    • La maitrise de l’information : la somme des informations fournies par les senseurs explose littéralement. Dorénavant il ne suffira plus de les présenter au opérateurs mais plutôt de ne montrer que ceux qui sont réellement pertinents.
    • Les aspects systèmes : les systèmes et surtout les systèmes de systèmes sont la clé de voute des architectures modernes. Il est nécessaire de pouvoir normaliser les interfaces entres ces systèmes.
    • La sécurisation des circuits d’approvisionnement : trouver une source d’approvisionnement mais aussi la solution de secours en cas de rupture. Maitriser les obsolescences rapides liées à l’utilisation de « COTS »
    • Intelligence économique : il ne sagit pas uniquement de connaître l’état de l’art de la concurrence, mais aussi et surtout de conserver en France les Brevets et les sociétés identifiées comme stratégiques.
    • Toutes les technologies civiles et militaires liées au porteur, au système d’armes et aux armes :
    • Transmission de données haut débit : les informations remontent de plus en plus haut dans la chaine de décision et il est aujourd’hui impensable de ne pas envisager de partager en temps quasi réel l’information au cœur du combat.

    •  

5.   Activités de la Commission Technique

 

Les principales orientations de la commission sont :

 

En interne :

·         La constitution de cette nouvelle commission, création du premier cercle et communication initiale vers les adhérents

·         Adoption des thèmes principaux

·         Approbation de la feuille de route

 

En externe :

·         Ouverture vers l’industrie et MinDef pour création des premiers groupes de travail

 

 

6.   Prochains événements clés